Le temps des cerises

Le temps des cerises
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Oh le vertige de quatre nouveaux murs, à remplir de petits riens qui diraient l'avant sans emphase, qui inventeraient un présent tout simple, qui bricoleraient sans prétention des bouts d'après. J'aime beaucoup construire, en vérité, cette réalité quotidienne, ces meubles et objets qui chuchotent avec espièglerie que la vie, après tout, n'est jamais vraiment la même.

Je vais la barioler, ma chambre de Londres. Il y aura une carte du monde et des affiches et des photos et des mots, dans toutes les langues, de toutes les couleurs et de tous les horizons. En entrant dans cette chambre je penserai à eux en Chine et en France et en Angleterre et ailleurs, et à lui en Ecosse qui me manquera de la manière la plus irrationnelle et douloureuse qui soit. Je crois pourtant que je ne serai pas triste comme je l'ai été il y a trois ans, car j'ai compris une chose: une maison c'est là où l'on décide que ça doit être. Moi ma maison c'est le monde et tout ce qu'il offre, même si les coins de rue sont tout aussi importants que les océans.

Quelquefois c'est vrai, j'ai envie de pleurer. Je voudrais pleurer car deux jours sans lui c'est dur, alors un mois je n'imagine pas. Je voudrais pleurer aussi car les mouvements d'espoir aujourd'hui en France ça n'existe plus vraiment. Je voudrais pleurer pour toutes les choses imparfaites qui m'empêchent parfois de voleter, qui empêchent souvent le monde de rêver.

Pourtant, et c'est la première fois je crois, j'ai envie de regarder loin, très loin, et de faire de ce flou une belle aventure.








[photo © Ilan]


# Posté le mardi 26 mai 2009 18:05
Modifié le mercredi 27 mai 2009 02:48

Tout est brutal, botté en touche

Tout est brutal, botté en touche
Hier on se regardait à peine, c'est à peine si l'on se penchait
Aujourd'hui nos regards sont suspendus
Résidents, résidents de la République

Le climat souvent est à l'orage, et être pris dans des choses trop grandes pour soi c'est fatigant, lutter contre des forces plus qu'invisibles c'est lassant, et pour quoi? On ne sait jamais vraiment.
Pourtant il faut marcher encore, crier encore, même quand on n'a plus la foi, surtout à ce moment-là, au bord du doute, à la limite de l'abandon.
Il y aura des lois encore et des gens qui ne seront pas d'accord, et ils échoueront la plupart du temps en ayant épuisé toutes les forces qu'ils ont et même celles qu'ils ne croyaient pas avoir. Et si la colère est parfois vaine elle fait pourtant vivre, alors n'arrêtons jamais de dire non, n'arrêtons jamais de croire.



[Et pour Mr Bashung, parenthèse, beaucoup de remerciements.]
# Posté le dimanche 15 mars 2009 09:09
Modifié le mardi 31 mars 2009 18:04

All the bad movies, and all the earthquakes

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Je veux les emmener partout, et qu'ils chantent la B.O de ma vie, et qu'ils me prennent dans leurs bras et me disent que c'est beau la neige, que la vie est choupi, et qu'il faut courir très très vite dans le vent de l'hiver. Je ne sais pas pourquoi mais rien ne m'a jamais plus donné envie de pleurer et de rire que leur musique. C'est difficile, un peu, de les partager. C'est comme s'ils étaient mes peluches préférées, qui rendraient les contours plus doux et les instants plus moelleux, des doudous à chérir en secret parce qu'ils sont trop beaux pour être dévoilés.Oh ils peuvent reprendre Tokio Hotel, je chanterai avec eux, et ce sourire c'est du bonheur pur, oui, parce que Cocoon c'est magique et puis c'est tout.





[Bestiole bestiole, je suis tellement contente d'avoir partagé ça avec toi.]
# Posté le mercredi 14 janvier 2009 13:36

Don't look back in anger, I heard you say

Don't look back in anger, I heard you say
Oui, j'avais décidé de faire un bel article éclectique, savamment bordélique, où j'aurais jeté un peu tout de 2008, pour recréer un panorama non exhaustif mais assez joyeux. Simplement mes neurones se sont fait la malle au Mississippi, ils dérivent en plein dans les sixties, ils se sont noyés dans le mot et l'idée. J'essaye de me souvenir, promis, mais c'est dur de tout remettre, d'entasser les rêves et les chaussures, les lectures et les voyages, les pots de peinture et les rayons de soleil.

Bon, en gros, 2008. J'ai été émerveillée, ça je sais, par beaucoup de choses. La lumière de Pétra et les mélodies de Moriarty et les pensées de Mrs Dalloway. J'ai été extatique, aussi, pour quelques trucs. La victoire d'Obama et le séjour à Riousstock et des bottines rouges vernies. Et puis beaucoup d'addictions, comme d'habitude. Les séries et Youtube et faire des gâteaux.

En 2008 j'ai été un Walibi.
En 2008 je suis passée par Beyrouth.
En 2008 j'ai écouté trop de wizard rock.
En 2008 je suis tombée amoureuse (et OUI je m'en fous de le dire, emmerdons les gens aigris, ahaha).
En 2008 j'ai vu beaucoup de choses aller mal.
En 2008 j'ai repeint ma chambre.
En 2008 j'ai fait n'importe quoi, un peu. Mais bon.

En 2008, j'ai aimé apprendre, même des trucs chiants, j'ai aimé découvrir, même des trucs moches, j'ai aimé aimer les gens comme jamais parce qu'il n'y a que ça de vrai.

Bon. Je trouve qu'avec ça on n'a pas compris grand chose, c'est incomplet et foutraque, mais on s'en fout merde, on est en 2009 et au diable le reste.

Je vous souhaite à tous beaucoup d'étoiles et de trucs qui partent dans tous les sens, que ça vive et que ça bouillonne, et d'ailleurs je m'en fous d'être cucul parce que la vie c'est quand même pas mal du tout.




[Ah oui aussi, je suis plutôt carrément heureuse.]
# Posté le mardi 06 janvier 2009 13:58
Modifié le mardi 06 janvier 2009 14:16

Elle sera longue, l'expédition

Elle sera longue, l'expédition
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Je me suis plu à me convaincre que j'étais désormais habituée aux changements, que les lieux ne m'importaient pas tant dans leur régularité que dans leur beauté attrapée au vif. J'avais déguisé mon envie de tout découvrir en détachement, mon désir de nouveauté en prétendue maturité.
Et en un sens, ces mensonges étaient presque vérifiables- je connais Lyon par coeur mais il n'y a plus en moi cet écho qui me rappelle à la maison. J'ai gravé dans ma mémoire quelques méandres de Paris mais la ville ne m'appartient pas vraiment. Quant à Riousse, j'ai même appris à voir les recoins de la campagne en simple promeneuse, avec attachement mais sans sentimentalité. Il n'y a guère que dans les trains que je me surprenne à être nostalgique d'un lieu natal.
Je me suis persuadée que l'Ailleurs était plus fascinant, je me suis gavée de voyages et d'images, j'étais satisfaite de ne plus être déchirée entre les quatre coins de la France, mais plutôt entre tous les endroits magiques que j'avais parcourus à travers le monde. Je me suis dit, prends tout, vis tout les yeux grands ouverts, mais n'oublie pas que tout est mouvant, que chez soi n'est jamais là où on l'attend.
Alors je me suis affirmé que l'avenir était prometteur, car il m'apporterait d'autres lieux et d'autres ambiances. Et en un sens qui pourrait dire le contraire? Ce flou-là, si je ne le laisse pas m'engloutir, il sera fascinant, plein de promesses et d'attentes.
Je me suis menti pour avoir un tout petit peu moins mal. J'ai appris à aimer les gens à distance, à ne pas avoir besoin de la pluie le soir à ma fenêtre, à ne plus pleurer sur mes souvenirs. J'ai compris que la vie n'est qu'une suite d'au-revoirs.
Seulement, comprendre cela ne change rien à la conclusion: on construit des habitudes qui ne durent pas, on s'installe puis on repart vers autre chose, presque essoufflé car le temps passe si vite que ça en devient une mauvaise blague.
Pourtant on le sait, on l'aura assimilé, il faut marcher pas à pas vers l'inconnu, droit devant, sans filet. Alors on va essayer, comme d'habitude.



London, here I come. I'll be homesick and scared to death, I'll miss everyone so much I won't be able to breathe, but I'll do it all over again. There's so much more to come.




[Article pour tous ceux qui comme moi ne savent pas ce qu'ils vont faire de leur vie l'année prochaine. C'est-à-dire, à peu près tout le monde. Je vous aime mes bestioles. On va y arriver! ]
# Posté le dimanche 30 novembre 2008 18:04